Démocratie participative – le cas de Saillans

Quelques heures avant l’interdiction de communiquer sur les enjeux électoraux, il est encore temps de publier cet article très éclairant sur les pratiques de la démocratie participative.

Il suffit de taper « démocratie participative » sur internet pour accéder à une pléthore d’informations. Certaines émanent de mouvements spécifiques, certaines sont universitaires, d’autres sont compilées par les médias. Il n’est pas forcément facile de trouver dans tout ça une image claire des applications pratiques de cette approche.

Il nous est apparu que la meilleure synthèse de ces enjeux pourrait être le cas de Saillans, cette commune de la Drôme de plus de 1 200 habitants qui a beaucoup fait parler d’elle aux élections de 2014 en élisant une liste citoyenne. Son assemblée a développé des méthodes et les ont perfectionnées – de sorte qu’aujourd’hui ses membres parcourent le pays pour former les listes citoyennes à la gestion participative, comme ici à Forcalquier et à Saint-Michel-l’Observatoire.

Leur site Web est riche en méthodologie, en actualités et aussi en archives rétrospectives. C’est ici : www.mairiedesaillans26.fr.

Quand on parcourt ces pages, on comprend vite que la méthode reste à affiner et que beaucoup de questions se sont posées – et se posent encore. Mais c’est justement ce qui est rassurant : du fait de cette logique de gouvernance qui vient de la base plutôt que d’un seul individu au-dessus de la pyramide, la commune jouit d’une dynamique d’adaptation très souple et en profite. Il n’est plus besoin d’attendre 6 ans pour infléchir les directions du conseil : c’est une opportunité permanente.

Il existe plusieurs manières de participer à la vie démocratique de la commune, qui sont détaillées ici : les commissions participatives, les groupes action-projet, l’animation bénévole, etc. L’exemple n’est sans doute pas transposable sur Cruis, moitié moins peuplé et donc naturellement porté vers des procédures plus légères , mais il est très intéressant à observer.

La logique mise en place est peut-être le mieux expliqué dans ces pages. On y lit entre autres :

Pourquoi changer de mode de fonctionnement ?
Deux dérives du fonctionnement traditionnel d’une mairie ont été identifiées, surtout dans les petites communes : d’une part, l’accaparement du pouvoir par le maire et ses adjoints, et d’autre part la faible participation des habitants, sollicités souvent seulement une fois tous les six ans.
Pour éviter ces dérives, un fonctionnement « autrement » est proposé. Il repose sur deux piliers, la collégialité* au sein de la municipalité et la participation* des habitants.

Vous pouvez consulter avec profit la totalité de ce document ici.

Ces considérations ont mené à la définition des critères d’une gouvernance citoyenne équilibrée, qui a pris la forme d’une charte citoyenne laquelle nous servira d’excellent point de départ au moment de mettre en œuvre nos propositions.

Comme nous l’avons écrit, nous ne souhaitons pas alourdir démesurément l’organisation communale par une logique participative trop compliquée, mais cet exemple nous offre une entrée en matière très utile. Notre proposition initiale est de démarrer sur des cycles bimestriels (tous les deux mois) d’assemblées citoyennes, au cours desquelles nous définirons, de concert, nos organes utiles de concertation – mais pas plus qu’il n’en faut.

Il va sans dire que nous sommes extrêmement enthousiastes à l’idée de mettre en œuvre ce type de gouvernance. Nous espérons que vous nous en donnerez l’occasion – c’est maintenant à vous d’en décider…